Le mot de Philo

6 décembre 2019

Paroles d’artiste

 

Depuis quelques années déjà la mondialisation des marchés économiques touche et bouscule particulièrement les milieux artistiques avec violence et des pratiques de ventes particulières dans les faces cachées des marchés de l’art voient le jour.

Qu’il est loin le temps des achats « coups de cœur »  et des collectionneurs passionnés.

Comme le confirme Jean Gabriel Fredet dans son ouvrage  dénonce à quel point les requins, caniches et autres mystificateurs  ont transformé le marché de l’art en casino.

Quelques dizaines de méga-collectionneurs se battent pour acquérir les oeuvres d’une poignée d’artistes stars à la tête d’ateliers-PME. Ils en profitent au passage pour dicter le goût du public et celui des grandes instances muséales.

Il est difficile aujourd’hui d’estimer le poids du marché de l’art contemporain. Les  «ventes privées», de gré à gré, réalisées par les sociétés (Christie’s, Sotheby’s, Philips...) prennent place dans des lieux et sites loins des paillettes et des grandes mises en scènes (Ports francs par ex.). Anonymes, elles connaissent un certain succès auprès des particuliers pour des raisons de stratégie personnelle ou fiscale. Ces sociétés, avec de telles pratiques, prélèvent des marges supérieures à leurs tarifs des ventes publiques. Il est quasiment impossible d’apprécier avec précision le montant des transactions réalisées par les Galeristes-marchands (sur le premier marché)  et les revendeurs (sur le second marché).

 

Dans ce monde opaque  le marché de l’art contemporain  pèse environ 5 à 6 milliards de dollars pour un marché de l’art évalué à 60 milliards. Mais c’est le segment du marché qui connaît en moyenne la plus forte progression. La cote de deux douzaines d’artistes médiatisés et provocateurs a bondi à un rythme  de 500 à 1000 % depuis 2000.

Les jeunes artistes contemporains veulent être reconnus à 20 ans, riches à 25 et forcer la porte des musées à 30. 

 

Il est vrai qu’on peut s’interroger sur la  pérennité d’un système  où une oligarchie financière planétarisée de collectionneurs milliardaires peut acheter à coup de millions de dollars des œuvres majeures d’une vingtaine d’artistes stars à une  brochette de galeries ou à un trio de sociétés d’enchères. Le marché a été transformé en casino.

 

 

Philo go

 

Les marchés « d’en bas », çà existe encore ?  Un autre mot de Philo go en « paroles d’artiste »  va paraître dans la rubrique ACTUALITÉ du site web, en février 2020

 

Sources

  • «Requins, caniches et autres mystificateurs», Jean-Gabriel Fredet, Albin Michel
  • Journal  « Le Temps » / Arts plastiques / Eric Tariant / ve 23-02-18
  • La Face cachée du marché de l’art  / Georgina Adam / Trad. Jean François Allain / Edition Beaux Arts
  • Le marché de l’art contemporain  /  Nathalie Moureau & Dominique Sagot-Duvauroux / Editions La découverte